Partagez | .
 

 Hallucination ou Mal-être, choisis Alice !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
avatar
Mer 10 Aoû - 23:34
Alcea

Messages : 1203

Casier judiciaire
Statut: Citoyen anonyme
Jauge criminalité:
0/100  (0/100)

Voir le profil de l'utilisateur
Le traitement
19.10.2020



D
es murs, toujours des murs, d’un blanc immaculé. Un lit, un miroir, une petite fenêtre sur une porte terne. Ton quotidien.

Le temps, tu l’avais perdu, comme l’espace, le sol, le ciel, tout ce qui t’entourait. Allongée sur le lit, tu étais libre de tes mouvements, mais ne bougeais pas, n’émettant que quelques tremblements incontrôlés. Tu ne voulais pas, n’y pensais pas, n’en avait pas la force, juste rester immobile. Tu fixais le mur d’un air vague, ta tête totalement vide de tout mal, mais aussi de toute pensée. Une femme entra dans la pièce, souriante, t’appelant par ton prénom qui raisonna comme un simple écho à tes oreilles. Elle s’approcha de toi pour te redresser, te tendant un verre que tu repoussas avec dégoût.
─ Alice… tu dois prendre tes médicaments… tu sais que c’est pour ton bien.
Tu regardas le gobelet, le prenant d’une main tremblante qui se crispa d’un coup, faisant tout tomber au sol. Tu serras les dents, à la fois désolé et épuisé par ces difficultés à contrôler chacun de tes gestes. L’infirmière te sourit ramassant les comprimés.
─ Ce n’est pas grave. Allé, je vais t’aider et après on va aller voir le médecin. Il doit te parler. D’accord ?
Elle te fit avaler ton traitement et t’aida à t’assoir sur la chaise roulante, faute de pouvoir marcher sans. Tu faisais la tête, tu avais l’impression d’être un gosse à la façon dont elle te parlait, même si ça se voulait juste rassurant.

Depuis qu’Absolem t’avait amené à l’asile de Verner, ta vie avait drastiquement changé. On t’a diagnostiqué une schizophrénie paranoïaque assez sévère et on t’avait pris immédiatement en charge. Au final, tu étais stable, mais à quel prix.
Les débuts furent très difficiles pour toi. Héroïnomane, ils ont dû te sevrer. Des semaines d’angoisse, de douleurs, de peur, le tout sans pouvoir gérer tes crises psychiques, les médecins ne pouvant pas t’administrer de médicaments autres que les génériques t’aidant à te passer d’héroïnes. Ils t’avaient enfermé, muselé, le temps de t’ôter ton addiction pour éviter de faire du mal aux autres mais surtout à toi-même. Une situation qui avait, sans aucun doute, aggravé ton état. Puis vinrent les thérapies, lentes, longues, difficiles. Et les médicaments remplaçant tes drogues, pris à heures fixes et aux effets secondaires lourds. Au début, tu eus des tremblements, de type parkinsonnien, chose normale quand on commence à prendre des neuroleptiques. Sauf que toi, tu ne les supportais pas. Tes tremblements ne cessaient pas et d’autres effets secondaires apparurent. Malgré d’autres traitements pour corriger ces états, tu restais constamment dans une situation malade et fatigante. Mentalement ça allait mieux, mais physiquement, tu n’en pouvais plus et commençais à ne plus vouloir avaler ton remède.

L’infirmière te fit entrer dans le cabinet de ton psychiatre. Assis derrière son bureau, coudes posés dessus soutenant sa tête, le docteur Ernst Kölher gardait toujours son air impassible. En face de lui se trouvait ton frère, Lewis, qui se leva d’un bon, sourire aux lèvres quand il te vit entrer.
─ Alice ! Tu vas bien !
Tu lui répondis d’un grognement, comment aller bien dans cette situation ? Mais il ne fit qu’en rire, ayant l’habitude de voir son petit frère le rembarrer. Malgré cela, tu étais content de le voir, c’était d’ailleurs le seul qui venait une fois par semaine voir comment tu allais en t’apportant des tablettes de chocolat pour te faire plaisir. Mais c’était aussi à travers lui qu’Absolem avait demandé de s’occuper de moi.
L’infirmière te laissa devant le bureau à côté de ton grand frère avant de repartir.
─ Bien, si je t’ai fait venir, c’est pour parler de ton cas, Alice.
─ Je me doutais que ce n’était pas pour prendre le thé, dis-tu d’une voix très fatiguée.
Le psychiatre esquissa un fin sourire avant de remettre ses lunettes en place. Il était habitué à ton petit cynisme.
─ Comme tu es le premier à le savoir, ton frère, Absolem m’a formellement demandé de te soigner et que tu sois apte à sortir. Or, pour le moment, ce n’est pas le cas. Ta schizophrénie est sévère et nous oblige à t’administrer de fort taux de neuroleptique pour stabiliser ta maladie. Cependant, les effets secondaires sont fortement présents, comme tu le sais, tels que des syndromes Parkinsonien, des dyskinésies qui ont certes diminués mais peuvent revenir avec le temps, d’akathise, et toutes autres joyeusetés motrices, en plus de ça on peut rajouter des troubles endocriniens, etc… le soucie avec ta maladie et ton intolérance aux multiples traitements que tu as testé, est : soit tu souffres psychiquement, soit physiquement. A cause de ça, oui, mentalement tu pourrais sortir, mais ton traitement t’étant trop éreintant, j’ai peur que tu ne le suives pas hors de l’établissement et donc fasse une violente rechute à un moment inopportun. Il y a d’autres traitements, à l’ancienne, certes, mais le but n’est pas d’en faire un légume, n’est-ce pas ?
─ Et donc, vous me proposez quoi encore ? Répondis-tu, las de changer de médicaments toutes les deux semaines sans succès.
─ Un traitement en cours d’essais qui utilise des pokémons psychiques pour stabiliser les maladies mentales comme la tienne.
─ … Vous me demandez que je sois une sorte de cobaye ?
─ Il en faut toujours, et puis, ce n’est pas le premier. On a déjà testé ce traitement et il a de très bons résultats. De plus, tu es arrivé à un stade où tu n’as plus beaucoup d’alternative.
─ Et ça consiste en quoi ?
─ Et bien c’est tout simple, ces pokémons sont dressés pour lire, comprendre et gérer le psychisme du patient qu’ils traitent. Dans le cas d’un schizophrène il remplacera les voix parasites et bloquera les hallucinations qui peuvent être à l’origine des crises de paranoïa. Il ne permet pas de remplacer le traitement médicamenteux mais au moins le baisser assez pour qu’il soit plus supportable. Dans ce cas, il aura plus de tremblements, juste une petite fatigue, ce qui est déjà bien.

Un petit silence s’installa, Kölher te laissant réfléchir à sa proposition. Même s’il te donnait le choix, tu ne l’avais pas vraiment. Tu ne supportais déjà plus cet endroit et tant que tu ne serais pas un minimum viable, jamais ton psychiatre te laisserait sortir. Mais dépendre d’un pokémon te faisait relativement chier. Après quelques minutes, Lewis trancha le silence en demandant la raison de sa présence ici.
─ Je vous ai appelé pour que vous accompagnez Alice dehors.
─ Dehors ? Pourquoi ?
─ Il se trouve que le pokémon qui a été dressé pour Alice  a décidé d’aller se promener et on ne le retrouve plus.
─ C’est vraiment rassurant, sifflas-tu avec cynisme.
─ Il est habitué à l’homme mais la finalisation de son dressage doit se faire avec le malade, alors il reste encore un peu volatil. Je pense aussi que sortir un peu à l’extérieur pour aller le récupérer vous ferez du bien.
Tu soupiras, et finis par accepter sous la contrainte ce nouveau traitement quelque peu étrange. Enfin maintenant, il fallait retrouver ce petit fuyard.




 

Hallucination ou Mal-être, choisis Alice !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Jasper & Alice Forever
» Alice Blood [Attente de Réponse]
» Alice Cullen
» Alice always lost... [Validée]
» Alice Logan [validée]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Pokemon Reborn :: 
Récré
 :: Bazar :: Archives RP
-
Liens utiles
Guide pour bien débuter
Contexte
Carte
CGU
Fonctionnement
Métiers
Avatar utilisés
Staff et crédit
Partenaires
Top-Partenaire

Facebook